Après l’abandon précipité d’un projet visant à ouvrir davantage la FIFA aux investisseurs privés, Gianni Infantino tente de reprendre la main. Le président de l’instance mondiale du football a convoqué, mercredi 5 août, plusieurs hauts responsables de l’organisation pour une réunion à huis clos au Maroc.
La FIFA traverse une nouvelle zone de turbulences. À peine quelques jours après avoir renoncé à son projet controversé de créer une structure commerciale ouverte à des investisseurs privés, Gianni Infantino a réuni plusieurs hauts responsables de l’instance au Maroc.
La rencontre s’est tenue mercredi matin au siège africain de la FIFA, installé au sein du complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat, selon une source proche du dossier citée par l’AFP.
La réunion, organisée à huis clos, n’a donné lieu à aucune communication officielle sur son ordre du jour. Plusieurs véhicules, dont trois vans aux vitres teintées, ont toutefois été aperçus à l’entrée du complexe.
Une réunion au moment où la FIFA essuie de fortes critiques
Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement délicat pour Gianni Infantino.
À la tête de la FIFA depuis dix ans, le dirigeant italo-suisse est confronté à une importante levée de boucliers après la révélation de son projet de créer la FIFA Forward Enterprise (FFE), une société destinée à gérer les activités commerciales de l’organisation ainsi que plusieurs compétitions, dont la Coupe du monde.
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Le projet prévoyait notamment l’ouverture d’une partie du capital à des investisseurs privés. Une perspective qui a immédiatement suscité de nombreuses interrogations sur l’avenir de la gouvernance et du modèle économique de la FIFA.
La réaction du monde du football ne s’est pas fait attendre.
Plusieurs acteurs majeurs se sont opposés au projet, parmi lesquels l’UEFA, la confédération européenne présidée par Aleksander Čeferin. Face à cette contestation, la FIFA a finalement retiré le projet dans la nuit de vendredi à samedi, quelques jours seulement après sa révélation.
Pourquoi Infantino a-t-il choisi le Maroc ?
Le choix du Maroc pour cette réunion stratégique reste, pour l’heure, inexpliqué.
Le royaume occupe toutefois une place importante dans l’agenda de la FIFA. Le Maroc doit accueillir, avec l’Espagne et le Portugal, la Coupe du monde 2030. Le pays dispose également du siège de la FIFA pour l’Afrique au complexe Mohammed VI de Salé.
Gianni Infantino se trouvait par ailleurs déjà au Maroc la semaine dernière à l’occasion de la Fête du Trône.
Ces éléments peuvent expliquer sa présence dans le royaume, mais aucune information officielle ne permet pour l’instant de déterminer pourquoi cette réunion de hauts responsables a été organisée précisément à Salé.
Infantino face à un nouveau défi politique
Depuis son arrivée à la présidence de la FIFA en 2016, Gianni Infantino a multiplié les réformes et les projets destinés à transformer le fonctionnement et les ressources de l’instance mondiale.
Mais plusieurs de ses initiatives ont également provoqué des controverses.
La dernière en date a particulièrement exposé les divisions au sein du football mondial. L’idée de faire entrer des investisseurs privés dans la gestion commerciale des compétitions de la FIFA a été perçue par ses détracteurs comme un changement majeur du modèle économique de l’organisation.
Le retrait du projet constitue donc un revers pour Infantino, même si rien n’indique à ce stade qu’il renonce à sa volonté de réorganiser les activités commerciales de la FIFA.
Une réunion sous haute surveillance
Alors que la FIFA cherche à tourner la page de cette polémique, la réunion de Salé intervient donc à un moment stratégique.
Aucun détail n’a filtré sur les discussions entre Gianni Infantino et les responsables présents. Mais le contexte donne à cette rencontre une dimension particulière : après avoir dû reculer face à la contestation, le président de la FIFA doit désormais préserver son autorité et maintenir le cap de ses ambitions pour l’instance mondiale du football.
Une chose est certaine : au Maroc, loin des caméras et des conférences de presse, la FIFA tente de gérer une crise qui dépasse désormais la seule question d’un projet financier.

