31 juillet 2026

RDC : une étude révèle que plus de 2 000 tonnes d’uranium auraient quitté le pays avec les exportations de cobalt

Une étude scientifique publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications remet en lumière la question de la présence d’uranium dans les minerais de cuivre…

Une étude scientifique publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications remet en lumière la question de la présence d’uranium dans les minerais de cuivre et de cobalt exploités en République démocratique du Congo. Les chercheurs estiment qu’entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium naturel auraient été exportées entre 2000 et 2024, sans que ce minerai ne fasse l’objet d’une déclaration officielle en tant que produit d’exportation.

Selon cette recherche, l’uranium ne proviendrait pas d’une exploitation minière dédiée, mais serait naturellement présent dans certains gisements de cuivre et de cobalt de la ceinture cuprifère du Katanga. (Lire l’article complet ) Les scientifiques expliquent que, lors du traitement des minerais, une partie de cet uranium demeure dans l’hydroxyde de cobalt, principal produit exporté vers les raffineries étrangères.

Les auteurs de l’étude estiment qu’en raison des volumes considérables de cobalt exportés par la RDC au cours des vingt-quatre dernières années, des quantités importantes d’uranium auraient également quitté le territoire congolais, sans être identifiées comme telles dans les statistiques commerciales.

Une estimation scientifique, pas une exportation officielle

Les chercheurs insistent toutefois sur un point essentiel : la RDC n’a pas officiellement exporté de l’uranium.

L’étude ne conclut pas à l’existence d’un commerce déclaré d’uranium, mais avance que ce métal radioactif aurait accompagné les exportations de cobalt en raison de sa présence naturelle dans les minerais exploités.

Autrement dit, les estimations de 2 000 à 5 000 tonnes concernent l’uranium contenu dans les concentrés de cobalt exportés, et non un uranium extrait, raffiné puis commercialisé comme tel.

Des interrogations sur la traçabilité des minerais

Les travaux des chercheurs soulèvent plusieurs questions concernant le contrôle des minerais critiques produits en RDC.

Selon l’étude, les procédés industriels actuellement utilisés ne permettent pas toujours d’isoler totalement l’uranium présent dans certains gisements du Katanga. Une fois les concentrés exportés, cet uranium pourrait être séparé lors des étapes de raffinage réalisées à l’étranger.

Cette situation met en évidence les défis liés à la traçabilité des ressources minières stratégiques et au contrôle des matières radioactives présentes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Une enquête internationale relance le débat

Les conclusions de l’étude ont été reprises par plusieurs médias internationaux, dont le Financial Times et Lighthouse Reports. Leur enquête souligne que l’uranium naturellement contenu dans les minerais congolais pourrait avoir été transporté principalement vers des raffineries situées en Chine, premier importateur du cobalt de la RDC.

Les enquêteurs précisent néanmoins qu’aucune preuve ne démontre que cet uranium a été récupéré ou utilisé à des fins nucléaires. Ils estiment toutefois que ces flux méritent une surveillance accrue de la part des autorités nationales et des organismes internationaux spécialisés.

Un enjeu stratégique pour la RDC

Premier producteur mondial de cobalt, la République démocratique du Congo occupe une place centrale dans la transition énergétique mondiale grâce à ses importantes réserves de minerais stratégiques.

Cette nouvelle étude rappelle cependant que l’exploitation de ces ressources s’accompagne de défis techniques, environnementaux et réglementaires. Les auteurs recommandent notamment un renforcement des contrôles radiologiques dans les sites miniers ainsi qu’une meilleure caractérisation des minerais exportés afin d’améliorer la transparence de la chaîne d’approvisionnement.

Si ces conclusions ne signifient pas que la RDC a organisé une exportation d’uranium, elles ouvrent un débat sur la gestion des éléments radioactifs naturellement présents dans les minerais congolais et sur les mécanismes de contrôle des exportations de substances stratégiques.

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