Face aux difficultés rencontrées par de nombreux propriétaires de véhicules dans l’obtention des documents de bord, la proposition de loi initiée par Axel Tshizau Zama ouvre le débat sur la modernisation des procédures administratives et la meilleure mobilisation des recettes publiques.
En République démocratique du Congo, l’achat d’un véhicule ne marque pas toujours la fin des difficultés pour les nouveaux propriétaires. Après la transaction, commence souvent un long parcours administratif pour obtenir les documents de bord nécessaires à la circulation.
Entre plusieurs services à contacter, des formalités successives et des déplacements répétés, de nombreux usagers dénoncent un système jugé complexe et difficile à maîtriser.
C’est dans ce contexte qu’intervient la proposition de loi initiée par Axel Tshizau Zama, une initiative qui vise notamment à instaurer un guichet unique pour centraliser les démarches liées aux documents des véhicules.
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Cette proposition de réforme suscite un débat autour d’une question essentielle : comment rendre l’administration plus accessible aux citoyens tout en permettant à l’État d’améliorer le contrôle et la mobilisation des ressources issues du secteur automobile ?
Après l’achat de son véhicule, le parcours administratif commence
André Kasongo fait partie de ces citoyens qui ont récemment acquis un véhicule et qui ont découvert les difficultés liées aux démarches administratives.
« Lorsque j’ai acheté mon véhicule, je pensais avoir franchi l’étape la plus importante. Mais je me suis rendu compte que l’obtention des documents de bord nécessitait encore beaucoup de démarches », explique-t-il.
Selon lui, la multiplication des services impliqués complique davantage le processus.
« Il faut se déplacer plusieurs fois, réunir différents documents et parfois attendre longtemps avant de finaliser toutes les formalités. Pour un citoyen qui travaille, cela représente une véritable contrainte », témoigne-t-il.x
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Son expérience reflète une préoccupation partagée par plusieurs automobilistes qui souhaitent une procédure plus simple, plus rapide et plus transparente.
La proposition de loi Tshizau veut instaurer un guichet unique
Portée par Axel Tshizau Zama, la proposition de loi ambitionne de réorganiser le processus actuel à travers la mise en place d’un guichet unique.
L’objectif affiché est de réduire la dispersion des démarches administratives en permettant aux usagers d’effectuer leurs formalités dans un cadre mieux coordonné.
Cette initiative propose également une réflexion sur la modernisation du système, notamment à travers une meilleure gestion des données relatives aux véhicules.
Pour ses défenseurs, une telle réforme pourrait améliorer la traçabilité des opérations, réduire les lenteurs administratives et renforcer la transparence dans la gestion des services concernés.
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Un enjeu économique pour les finances publiques
Au-delà de la simplification pour les citoyens, la proposition de loi soulève également la question de la performance de l’administration publique et des recettes de l’État.
Pour l’économiste Jean-Pierre Matala, une meilleure organisation du système pourrait avoir des effets positifs sur la mobilisation des ressources publiques.
« Un système fragmenté rend difficile le suivi réel des véhicules en circulation et des opérations administratives réalisées. Une plateforme centralisée permettrait à l’État d’avoir une meilleure visibilité », analyse-t-il.
Selon lui, la mise en place d’un guichet unique pourrait contribuer à améliorer la collecte des recettes.
« Lorsque les procédures sont mieux organisées et contrôlées, l’État réduit les risques de pertes, améliore la traçabilité des paiements et dispose de données fiables pour prendre de meilleures décisions économiques », poursuit l’économiste.
Il estime cependant que la réussite d’une telle réforme dépendra de son application concrète.
« Une proposition de loi, aussi pertinente soit-elle, doit être accompagnée de moyens techniques, humains et institutionnels pour produire les résultats attendus », souligne Jean-Pierre Matala.
Une réforme administrative qui devra occuper une place importante dans le débat parlementaire.
La proposition de loi Tshizau ouvre ainsi un débat sur l’avenir des services publics en RDC. Elle met en lumière les attentes des citoyens en matière de simplification administrative et les besoins de l’État en matière d’efficacité et de contrôle.
Pour les usagers comme André Kasongo, l’objectif reste avant tout de disposer d’une administration plus proche.
« Nous voulons respecter les règles et payer ce qui est dû à l’État, mais il faut aussi que les démarches soient plus simples et mieux organisées », conclut-il.
Alors que le processus législatif suit son cours, la proposition de loi initiée par Axel Tshizau Zama apparaît comme une initiative qui place la modernisation administrative au centre des discussions publiques.

