Fungurume : tensions autour de Tenke Fungurume Mining, huit membres de la communauté de Kabombwa toujours détenus

Fungurume : tensions autour de Tenke Fungurume Mining, huit membres de la communauté de Kabombwa toujours détenus

Cinq jours après une vague d’interpellations survenue le 1er mai 2026 à Fungurume, dans la province du Lualaba, la situation reste tendue au sein de la communauté délocalisée de Kabombwa. Au total, onze personnes avaient été arrêtées lors d’une opération sécuritaire impliquant des agents de Tenke Fungurume Mining, appuyés par la police, selon l’ONG AFREWATCH.

À l’origine de ces arrestations, une plainte déposée par l’entreprise minière auprès du parquet de Fungurume. Elle accuse les membres de la communauté d’occupation illégale de sa concession, soutenant qu’ils avaient déjà bénéficié d’indemnisations et d’une relocalisation préalable, avant de revenir sur le site.

Une évolution partielle a toutefois été enregistrée ce 6 mai 2026. Trois des personnes interpellées ont été remises en liberté. D’après les informations disponibles, il s’agirait de passants arrêtés lors de l’opération, puis relâchés après audition par les magistrats instructeurs.

Huit autres personnes demeurent en détention, dont sept hommes et une femme, tous identifiés comme membres de la communauté de Kabombwa.

Procédure contestée et dialogue au point mort

Sur le plan judiciaire, aucune confrontation directe n’a encore été organisée entre les représentants de l’entreprise et les personnes arrêtées. Si ces dernières ont été entendues, les avocats de Tenke Fungurume Mining ne se sont pas présentés pour une éventuelle séance contradictoire.

Cette situation alimente les critiques des organisations de la société civile, qui dénoncent une procédure jugée déséquilibrée et marquée par un recours excessif à la force, au détriment du dialogue.

Un conflit enraciné dans une délocalisation controversée

Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes liées à la délocalisation, il y a environ trois ans, de près de 900 ménages de Kabombwa. Selon AFREWATCH, ce processus n’aurait pas respecté les standards requis : absence de site officiel de réinstallation, compensations jugées inéquitables et manque de transparence sur les indemnisations.

L’ONG évoque également des engagements non tenus en matière de prise en charge sanitaire et de restauration des moyens de subsistance, plongeant plusieurs familles dans une situation de précarité. Certaines auraient même été contraintes de vendre leurs habitations pour survivre.

Dans ce climat de frustration croissante, des mouvements de contestation ont émergé, prélude aux arrestations du 1er mai.

Face à cette crise, AFREWATCH appelle à la libération des huit personnes encore détenues et exhorte les différentes parties entreprise, autorités et communautés locales — à privilégier un dialogue constructif en vue d’une solution durable.

katanga24news

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