Tanzanie : des manifestations meurtrières après des élections contestées

Tanzanie : des manifestations meurtrières après des élections contestées

La Tanzanie traverse une période de forte tension politique après les élections générales du 29 octobre dernier, marquées par des accusations de fraudes massives et un recours excessif à la force par les autorités. Depuis trois jours, de violentes manifestations secouent plusieurs grandes villes du pays, notamment Dar es Salaam, Arusha et Mwanza.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, au moins dix personnes ont été tuées lors des affrontements entre manifestants et forces de sécurité. L’opposition tanzanienne avance, quant à elle, un bilan beaucoup plus lourd, parlant de “centaines de morts et de disparus”. L’armée a été déployée dans plusieurs zones urbaines tandis que le gouvernement a ordonné la fermeture temporaire des écoles et des universités, invoquant des raisons de sécurité.

Des élections sous haute tension

Les troubles ont éclaté après la publication de résultats préliminaires donnant une large avance à la présidente sortante Samia Suluhu Hassan, accusée par ses opposants d’avoir manipulé le scrutin. Plusieurs candidats de l’opposition auraient été empêchés de participer à la course électorale, et des observateurs indépendants dénoncent un manque de transparence dans le processus de dépouillement.

Des témoignages font état de coupures d’internet, de blocages des réseaux sociaux et de restrictions imposées aux médias locaux, rendant difficile la circulation de l’information à travers le pays. Malgré ces entraves, des vidéos circulant sur les réseaux montrent des foules brandissant des pancartes réclamant la “vérité des urnes” et la “fin du régime autoritaire”.

Le gouvernement minimise, la communauté internationale s’inquiète

Dans un communiqué officiel, le gouvernement tanzanien a minimisé l’ampleur des violences, évoquant de simples “troubles isolés” orchestrés par “des groupes mal intentionnés”. Il promet un retour rapide à l’ordre et affirme que la situation est “sous contrôle”.

Cependant, la communauté internationale exprime de vives inquiétudes. Les Nations Unies, l’Union africaine et plusieurs chancelleries occidentales appellent les autorités tanzaniennes à la retenue et à ouvrir un dialogue avec l’opposition. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est déclaré “profondément alarmé par les pertes en vies humaines et les arrestations arbitraires”.

Un tournant politique incertain

Ces événements marquent un tournant pour la Tanzanie, longtemps considérée comme l’un des pays les plus stables d’Afrique de l’Est. Les observateurs estiment que la gestion de cette crise postélectorale sera déterminante pour l’avenir politique du pays. Si la contestation devait s’intensifier, elle pourrait fragiliser durablement les institutions et menacer la cohésion nationale.

En attendant, les grandes villes tanzaniennes vivent au rythme des couvre-feux, des patrouilles militaires et d’un climat d’inquiétude généralisée. La population reste suspendue à l’annonce des résultats officiels définitifs, prévue dans les jours, dans l’espoir d’un apaisement rapide.

katanga24news

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