La sortie médiatique de la Conférence épiscopale nationale du Congo au sujet de la révision constitutionnelle continue de susciter des réactions. Dans un communiqué daté du 31 mai 2025 et adressé au Président de la République, la Commission des Jeunes Catholiques de la République démocratique du Congo prend ses distances avec la position exprimée par la CENCO.
Dans ce document, les signataires affirment s’exprimer « avec respect, mais aussi avec fermeté » au sujet de la récente prise de position des évêques catholiques sur le débat constitutionnel en RDC.
Selon eux, la position de la CENCO ne représenterait pas l’ensemble des fidèles catholiques du pays.
« Cette prise de position n’engage nullement l’Église catholique dans son entièreté », écrivent les Jeunes Catholiques dans leur communiqué.
Une position jugée politique et partisane
La Commission des Jeunes Catholiques estime que la déclaration de la CENCO reflète plutôt l’opinion d’une partie de la hiérarchie ecclésiastique. Elle affirme que cette position aurait été influencée par des considérations extérieures à la mission spirituelle de l’Église.
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« Elle représente l’opinion d’une frange de la hiérarchie ecclésiastique qui, malheureusement, semble avoir été influencée par des intérêts économiques, personnels et des pressions diverses », indique le communiqué.
Les signataires vont plus loin en dénonçant ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de l’Église dans un débat politique sensible.
« Cette décision ne respecte pas l’intelligence et la liberté des chrétiens catholiques. Elle fragilise davantage notre foi en instrumentalisant le nom de l’Église à des fins qui ne sont pas spirituelles ni pastorales, mais bien politiques et partisanes », peut-on lire dans le document.
Les signataires favorables au changement de la Constitution
Contrairement à la position exprimée par la CENCO, les Jeunes Catholiques affirment soutenir l’idée d’un changement constitutionnel. Ils présentent cette démarche comme une voie susceptible de répondre aux aspirations du peuple congolais.
« Nous, Jeunes de l’Église catholique, croyons au changement de la Constitution pour une République plus juste, plus équitable et plus conforme aux aspirations profondes du peuple congolais », déclarent-ils.
Ils appellent ainsi à l’organisation d’un référendum national afin de permettre à la population de se prononcer directement sur cette question.
« Nous l’exhortons à ordonner à la CENI d’organiser un référendum national afin que chaque citoyen puisse librement donner son point de vue et que la démocratie retrouve tout son sens en RDC », écrivent les signataires à l’attention du Président de la République.
Un message de défiance envers la position de la CENCO
Dans leur communiqué, les Jeunes Catholiques insistent sur le fait que la position de la CENCO ne devrait pas être assimilée à celle de toute l’Église catholique. Ils affirment que, dans plusieurs paroisses, mouvements et communautés, des fidèles ne partageraient pas cette lecture.
« Le point de vue de la CENCO sur cette question n’engage en rien toute l’Église catholique », soutiennent-ils.
Ils ajoutent que de nombreux fidèles désapprouveraient cette sortie médiatique, qu’ils jugent « éloignée de l’Évangile, injuste et manipulée ».
Appel à la justice, à la démocratie et à l’unité
Le communiqué se termine par un appel à la mobilisation autour de certaines valeurs que les signataires présentent comme essentielles pour l’avenir du pays.
« En tant que jeunes catholiques, nous restons debout, unis, courageux et déterminés à défendre la vérité, la justice, la démocratie et la dignité du peuple congolais », concluent-ils.
Cette prise de position vient ainsi ajouter une nouvelle voix au débat national sur la révision constitutionnelle, un sujet qui continue de diviser la classe politique, les acteurs sociaux et certains milieux religieux en République démocratique du Congo.


