«…la province du Haut-Katanga aura une vice-gouverneure … », analyse sociopolitique de Lawrence Lolo Kyungu Kibwe, président national de l’ANAFEK.

«…la province du Haut-Katanga aura une vice-gouverneure … », analyse sociopolitique de Lawrence Lolo Kyungu Kibwe, président national de l’ANAFEK.

Une semaine après l’annonce de la démission du gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, les réactions et analyses continuent de se multiplier dans l’espace sociopolitique. Deux options dominent le débat : maintenir l’intérim jusqu’à la fin du mandat en 2028 ou organiser l’élection d’un nouveau gouverneur et de son colistier vice-gouverneur.

Dans une analyse sociopolitique, Lawrence Lolo Kyungu Kibwe, président national de l’ANAFEK, estime que le contexte actuel dans le Grand Katanga, particulièrement dans le Haut-Katanga, ne permet pas de fragiliser davantage les institutions provinciales.

Selon lui, la province traverse déjà une crise institutionnelle profonde depuis l’invitation de Jacques Kyabula à Kinshasa, suivie de sa démission intervenue après environ dix mois d’absence.

« Les circonstances sociopolitiques dans le Grand Katanga ne permettent pas de fragiliser les institutions provinciales, notamment dans le Haut-Katanga où il y a une crise profonde institutionnelle qui fragilise l’exécutif », analyse Lawrence Lolo Kyungu Kibwe.

Pour le président national de l’ANAFEK, la durée de l’intérim à la tête de l’exécutif provincial ne devrait pas s’étendre sur une longue période. Il rappelle que l’intérim dure déjà depuis près de dix mois, alors qu’il reste encore environ deux ans et demi avant la fin du mandat.

Lawrence Lolo Kyungu estime également que le débat autour de la Constitution et du référendum impose un équilibre institutionnel dans les provinces. À ses yeux, le Haut-Katanga a besoin d’un gouvernement provincial et d’une assemblée provinciale forts et stables.

Quid des élections du gouverneur

Abordant la question de la succession de Jacques Kyabula, Lawrence Lolo Kyungu indique qu’après la prise d’acte de la démission du gouverneur sortant par le chef de l’État, le gouvernement central, par le biais du vice-Premier ministre de l’Intérieur, devrait instruire la CENI d’organiser les élections dans un délai de 30 jours.

Ces élections, rappelle-t-il, seront indirectes et se dérouleront par le vote des députés provinciaux.

Clivage persistant entre l’Union sacrée et le gouvernement provincial

Dans son analyse, Lawrence Lolo Kyungu revient également sur les tensions entre l’exécutif provincial et la base locale de l’Union sacrée dans le Haut-Katanga. Il évoque des fractures persistantes, alimentées notamment par des promesses non tenues, des frustrations au sein des bases politiques et des divergences autour de l’avenir politique du gouverneur.

Selon lui, ces frictions sont liées à ce qu’il qualifie de politique de « supercherie », mais aussi aux justifications souvent avancées par certains gouvernants, qui évoquent les pressions de Kinshasa.

Il estime également que la création d’un mouvement propre autour du gouverneur aurait accentué le clivage entre sa base privée et la plateforme politique qui l’avait soutenu.

« C’est ça qui engendre ce clivage où le Gouv favorise sa “base” privée au détriment de celle qui l’a hissé », soutient Lawrence Lolo Kyungu.

Les candidats potentiels

S’agissant des candidats potentiels à la tête de la province, Lawrence Lolo Kyungu estime que les calculs politiques se feront principalement au sein de l’Union sacrée, compte tenu de sa majorité à l’Assemblée provinciale.

Il pense également que l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, pourrait jouer un rôle central dans cette nouvelle configuration politique.

D’après lui, lors des dernières élections, l’UDPS avait cédé le poste de gouverneur titulaire à un allié, en se contentant du poste de vice-gouverneur. Mais cette fois, selon les tendances qu’il évoque, le parti présidentiel pourrait ne plus céder la titularité.

« Il est bien possible que dans les jours à venir la province du Haut-Katanga aura un Gouverneur de l’UDPS », affirme-t-il.

Lawrence Lolo Kyungu affirme enfin que l’UDPS devrait présenter son candidat dans les jours à venir. Il indique que plusieurs noms circulent déjà, parmi lesquels pourrait se trouver le futur gouverneur, accompagné d’une colistière au poste de vice-gouverneur.

« Oui vous avez bien lu “colistière”, car la province aura une vice-gouverneure », conclut-il.

Mapenziyake

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×