Bukama : affrontements meurtriers, versions divergentes sur l’identité des assaillants

Bukama : affrontements meurtriers, versions divergentes sur l’identité des assaillants

Un violent affrontement a opposé, dimanche, les Forces armées de la RDC (FARDC) à un groupe des miliciens à Bukama, dans la province du Haut-Lomami, rapporte La Guardia magazine . Le bilan reste controversé selon les sources.

D’après l’armée, l’accrochage aurait fait quatre morts parmi les assaillants et quatre blessés, dont un militaire FARDC. En revanche, la société civile locale avance un bilan beaucoup plus lourd, faisant état de neuf civils tués et quatre blessés.

Lundi matin, plusieurs corps gisaient encore dans certaines artères de la ville. Vers 10 heures, des volontaires de la Croix-Rouge ont procédé à la récupération des dépouilles en vue de leur inhumation.
Selon Profexe Sambo, représentant de Justicia ASBL à Bukama, cité par le site d’information magazinelaguardia.info neuf corps ont été ramassés.

« Les victimes ont été enterrées par les agents de la Croix-Rouge. Ils se sont sacrifiés, car c’est leur mission », a-t-il déclaré, tout en dénonçant les conditions d’inhumation.
« Les corps ont été enveloppés dans des nattes puis enterrés comme des animaux. Cela a profondément choqué la population. »

Identité des assaillants : une question qui divise

Toujours selon les informations relayées par La Guardia Magazine, si le calme est revenu à Bukama, l’identité des auteurs de l’attaque demeure sujette à controverse.

Pour Justicia ASBL, les FARDC auraient été prises pour cible par des miliciens venus tenter de libérer l’un des leurs arrêté la veille. Des militaires en provenance de la base de Kamina auraient été déployés après une alerte des autorités locales signalant une possible attaque de la cité par des Mai-Mai.

Cependant, la société civile et plusieurs élus locaux rejettent cette version. Ils soutiennent qu’aucun groupe milicien n’opère à Bukama, précisant que les combattants Mai-Mai sont plutôt actifs dans les territoires de Mitwaba et Malemba Nkulu.

Le député provincial Banza Maila, élu de Bukama, accuse l’armée d’avoir ouvert le feu sur des civils en colère :

« Ce qui s’est passé à Bukama est déplorable. C’est un carnage intentionnel. Ils ont tué une population paisible et sans armes. »

Arrestations et révolte populaire

Selon des sources de la société civile citées par La Guardia Magazine, l’armée aurait procédé, dès samedi à son arrivée, à des arrestations massives de civils dans le quartier Kisanga wa Byoni. Ces interpellations auraient provoqué une révolte des habitants, à laquelle les militaires auraient répondu par des tirs à balles réelles.

De son côté, l’armée identifie clairement les auteurs de l’attaque. Dans un communiqué publié lundi, le lieutenant-colonel Mongba Azukai, porte-parole des FARDC, affirme qu’il s’agit de miliciens Mai-Mai du groupe Zoulou. Il assure également que toutes les dispositions ont été prises pour garantir la sécurité de la population de Bukama.

katanga24news

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