Sénat : Modeste Bahati Lukwebo visé par une motion de défiance après ses propos sur la Constitution
Un nouvel épisode de tensions politiques secoue le Sénat en République démocratique du Congo. Le premier vice-président de la chambre haute, Modeste Bahati Lukwebo, est au cœur d’une controverse qui pourrait déboucher sur un débat parlementaire sur son maintien à ce poste.
À l’origine de cette situation, une motion de défiance initiée par le sénateur Dany Kabongo Binene, membre de l’UDPS. Selon plusieurs sources parlementaires, l’élu aurait entamé une collecte de signatures au sein du Sénat afin de réunir le soutien nécessaire pour examiner cette démarche lors de la reprise des travaux parlementaires.
D’après ces mêmes sources, une trentaine de sénateurs auraient déjà apposé leur signature au document visant le professeur Modeste Bahati Lukwebo. Si le nombre requis est atteint, la question pourrait être portée officiellement devant la chambre haute pour discussion.
Des propos qui déclenchent la controverse
Cette initiative intervient quelques heures seulement après une conférence de presse au cours de laquelle Modeste Bahati Lukwebo s’est exprimé sur la question sensible de la révision constitutionnelle.
Dans sa déclaration devenue largement relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias, il a affirmé :
« Le Congo n’a pas un problème de texte mais d’hommes« .
Par cette phrase, le responsable politique a clairement exprimé son opposition à toute modification ou révision de la Constitution actuelle, estimant que les difficultés du pays ne relèvent pas du cadre juridique mais plutôt de la gouvernance.
Cette position tranche avec celle de certains cadres de l’Union sacrée de la nation, la coalition au pouvoir, où plusieurs responsables se montrent favorables à l’idée d’une réforme du texte fondamental.
Des critiques au sein de la majorité
Réagissant à ces déclarations, le sénateur Dany Kabongo estime que cette prise de position publique pose problème au regard du fonctionnement de la majorité présidentielle.
Selon lui, les propos de Bahati Lukwebo constituent une entorse au respect dû au chef de l’État, Félix Tshisekedi, autorité morale de l’Union sacrée.
« Ses propos ne sont pas appropriés. C’est un manque de respect envers l’autorité morale, qui est à la base de l’Union sacrée. En tant que dirigeant, il aurait dû se référer à cette autorité avant de prendre la parole« , a-t-il déclaré.
Le sénateur à l’origine de la motion a également indiqué qu’il entend présenter prochainement d’autres éléments qu’il considère comme des griefs supplémentaires justifiant sa démarche.
Une affaire suivie de près au Sénat
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite par le bureau du Sénat concernant le dépôt formel de cette motion ou l’évolution de la collecte de signatures. Toutefois, dans les couloirs du Sénat, le sujet suscite déjà de nombreux commentaires.
Si la procédure aboutit, elle pourrait ouvrir un débat politique important au sein de la chambre haute et révéler davantage les divergences qui existent actuellement dans la majorité autour de la question de la révision de la Constitution.
