RDC : Félix Tshisekedi dresse un bilan « de vérité et d’espérance » devant le Parlement
Devant les deux chambres réunies en Congrès, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a livré, lundi 08 décembre au Palais du Peuple, un discours dense et solennel sur l’état de la Nation. Un exercice qu’il a présenté comme un « rendez-vous de vérité, de redevabilité et d’espérance » à l’issue d’une année marquée par des avancées diplomatiques majeures, un contexte sécuritaire dramatique et une série de réformes structurelles engagées dans plusieurs secteurs clés.
Une guerre d’agression toujours en cours à l’Est
Le Chef de l’État a rappelé que 2025 aura été « l’une des années les plus sombres » pour l’Est du pays, marquée par l’occupation de Goma et de Bukavu par le M23/AFC soutenu par le Rwanda, et par des violences massives contre les civils en Ituri, Nord et Sud-Kivu.
Il a salué le « courage » des FARDC, de la Police et des Wazalendo, tout en rendant hommage aux victimes.
Dans un ton ferme, il a dénoncé le non-respect, par le Rwanda, de l’accord de paix signé à Washington le 04 décembre 2025, malgré son entrée en vigueur. « La RDC privilégiera toujours la voie diplomatique, mais elle ne renoncera jamais à sa souveraineté », a-t-il averti.
Accords de Washington et de Doha : un tournant diplomatique
Tshisekedi a insisté sur les progrès diplomatiques obtenus cette année :
- adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, condamnant explicitement l’agression rwandaise ;
- signature d’un accord de paix RDC–Rwanda, prévoyant le retrait des troupes rwandaises et le démantèlement des groupes armés étrangers ;
- conclusion d’un accord-cadre avec les groupes armés congolais sous la médiation du Qatar.
Le Président a également salué l’élection de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU (2026-2027).
Une économie résiliente malgré les chocs
Malgré la guerre et les tensions géopolitiques, l’économie nationale « a tenu et progressé », selon Tshisekedi.
Il a évoqué :
- la stabilisation macroéconomique ;
- des réserves de change avoisinant 7,4 milliards USD ;
- un budget 2026 ambitieux de 59 020 milliards de FC.
Le Président a rappelé les efforts dans la lutte contre la vie chère, citant la baisse du prix de l’essence et la stabilisation du prix du maïs dans le Grand Katanga.
Réformes profondes dans les mines, l’énergie et les infrastructures
Le Chef de l’État a insisté sur l’assainissement du cadastre minier, la lutte contre la fraude et la montée en puissance de la transformation locale.
Dans l’énergie, il a annoncé la remise en service d’unités majeures d’Inga II, l’avancement de projets hydroélectriques et l’électrification de plus d’un million de personnes via l’ANSER.
Côté infrastructures, plusieurs chantiers stratégiques avancent :
- relance du rail Matadi–Kinshasa ;
- lancement du port en eaux profondes de Banana ;
- modernisation des ports, routes et voies navigables.
Services sociaux : éducation, santé et fonction publique en mutation
Le Président a mis en avant des progrès significatifs :
- gratuité de l’enseignement primaire consolidée, régularisation de milliers d’enseignants ;
- construction de plus de 1 300 écoles et renforcement des équipements ;
- restructuration de l’enseignement supérieur ;
- déploiement de la gratuité des accouchements et des soins néonatals, déjà active dans 14 provinces.
La fonction publique a connu une réforme majeure avec la digitalisation, la clarification des effectifs et un plan d’assainissement complet.
Environnement : la RDC se positionne en puissance climatique
Moment fort du discours, Félix Tshisekedi a revendiqué le rôle de la RDC comme « pays-solution » à la crise climatique.
Il a annoncé la mise en place du Couloir vert Kivu–Kinshasa, la plus grande aire protégée communautaire au monde, visant à créer 500 000 emplois et à transformer les économies locales.
Il a appelé à une « justice climatique réelle » et demandé la consolidation juridique et budgétaire de ce nouveau pilier national.
« Tant qu’un seul village restera menacé, notre tâche ne sera pas achevée »
En conclusion, le Président a insisté sur la continuité de l’action publique et la nécessité de renforcer les institutions, l’économie, la sécurité et la cohésion sociale.
Il a exhorté le Parlement et le Gouvernement à accélérer les réformes, affirmant que la reconstruction de la RDC « a déjà commencé » mais exige « vigilance, détermination et unité nationale ».
