Suspension des motions au Lualaba : le député Eddy Kapend dénonce une résolution « illégale » et n’exclut pas un recours à la Cour constitutionnelle

Suspension des motions au Lualaba : le député Eddy Kapend dénonce une résolution « illégale » et n’exclut pas un recours à la Cour constitutionnelle

Le vendredi 28 novembre 2025, l’Assemblée provinciale du Lualaba a marqué l’histoire politique du pays en devenant la première province de la République à adopter une résolution suspendant temporairement les pétitions, motions de censure et de défiance contre l’exécutif provincial ainsi que contre le bureau de l’Assemblée provinciale.

Cette décision a suscité une vague de réactions dénonçant un recul démocratique. Parmi les opposants figure le député Eddy Kapend, qui estime que la résolution votée à l’Assemblée provinciale viole la loi. L’élu du peuple déplore une « précipitation » dans l’adoption de cette mesure, laquelle ne fixe pas la durée de la suspension. C’est pour cette raison qu’il a voté contre. Selon lui,

« la résolution n’a pas respecté la loi. On ne peut pas nous demander à nous-même députés de nous refuser notre travail. », dénonce l’élu de Mutshatsha.

Non seulement il a voté contre cette résolution, mais il affirme être déterminé à l’attaquer en justice.

« Nous pouvons attaquer cette résolution devant la cour constitutionnelle. Nous ne pouvons pas accepter qu’une résolution piétine la constitution, qu’une résolution piétine les lois organiques. Ce n’est pas normal, ce n’est pas légal. », déclare Eddy Kapend.

L’élu du territoire de Mutshatsha estime qu’il n’est pas acceptable pour l’organe délibérant de s’autocensurer, d’autant plus que le motif avancé, la situation sécuritaire à l’Est du pays, ne lui paraît pas fondé.

« Nous compatissons avec nos frères de l’Est. Mais ce n’est pas en prenant cette résolution que la guerre va s’arrêter. », insiste-t-il.

Pour Eddy Kapend, cette décision profite essentiellement à l’exécutif provincial et au bureau de l’Assemblée provinciale, qui échappent désormais au contrôle parlementaire.

« Ça joue au bénéfice de l’exécutif provincial ainsi qu’au bureau de l’assemblée provinciale. On vient de museler les députés provinciaux en nous disant indirectement, vous n’allez pas contrôler l’exécutif provincial, et quand nous n’allons plus les contrôler que vont-ils faire ? La population ne va pas se retrouver dans la gestion de la province, parce que c’est nous les yeux et les oreilles de la province. », explique-t-il.

Mapenziyake

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×