RDC : L’opposante Clotilde Mutita Kalunga élue rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale
La députée nationale de la circonscription de Lubumbashi-Ville, Clotilde Mutita Kalunga, a confirmé son ascension institutionnelle en étant élue au poste stratégique de Rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (AN). Son élection s’inscrit dans un contexte politique riche en enjeux, tant pour l’opposition parlementaire que pour l’équilibre institutionnel du pays.
Parcours et profil
Elle est née le 23 septembre 1971 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Avant de se lancer en politique, Mme Mutita a mené une carrière dans l’enseignement supérieur et dans la gestion universitaire, avec une spécialisation en éducation à la paix, gestion des conflits et leadership. Élue en 2023 députée nationale, elle siège sous la bannière du parti Ensemble pour la République, largement identifié à l’opposition parlementaire. Au Parlement, elle est membre de la commission « Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable ».
Son profil se distingue par un double engagement : celui d’un élu local issu de la métropole minière de Lubumbashi et celui d’une femme politique revendiquant l’innovation démocratique et le rôle de l’opposition « républicaine et constructive ».
Le chemin vers le poste de Rapporteur adjoint
La roue institutionnelle s’est mise en marche le 28 octobre 2025, lorsque son parti, Ensemble pour la République, l’a désignée candidate pour le poste de Rapporteur adjoint de l’AN. Cette désignation résultait de primaires internes où plusieurs candidats s’étaient retirés en sa faveur.
Le 6 novembre, elle a officiellement déposé sa candidature auprès du bureau de l’AN. ACP Quelques jours plus tard, le 10 novembre, le bureau a publié la liste des candidatures retenues : pour ce poste, seule la candidature de Clotilde Mutita Kalunga a été validée pour l’opposition. L’instance évoque le respect du processus et de la représentativité politique.
Enfin, la séance plénière du 13 novembre a procédé à son élection (ainsi qu’à celle du président de l’AN), actant sa nomination à ce rôle clé.
Signification et enjeux de sa nomination
- Symbolique de l’opposition : Le poste de Rapporteur adjoint de l’AN est traditionnellement attribué à un parlementaire issu de l’opposition. Sa nomination marque donc un signal fort quant à la volonté de garantir une certaine coexistence entre majorité et opposition à l’Assemblée.
- Représentativité : En tant qu’élue de Lubumbashi, elle apporte un visage de la région du Haut-Katanga à la direction de la chambre basse.
- Renouveau potentiel : Elle-même a cité un engagement à faire de la diversité politique une richesse, appelant à l’accélération des travaux parlementaires et à l’ouverture institutionnelle.
Controverses et défis
Toutefois, le processus d’élection n’a pas été exempt de critiques : plusieurs candidats issus de l’opposition ont dénoncé une « entorse » aux règles normales de la représentativité et à l’éligibilité ouverte, arguant que seuls certains dossiers avaient été validés. De plus, au sein de son propre parti, des voix ont exprimé leur mécontentement quant à sa démarche de candidature, estimant que cela pourrait fragiliser l’unité de l’opposition.
Pour Mutita Kalunga, les défis sont nombreux : elle devra naviguer dans un hémicycle dominé par la majorité, tout en préservant sa crédibilité comme représentante de l’opposition. Elle sera appelée à contribuer à la conduite des travaux législatifs, à la supervision des commissions, et à la gestion technique des débats parlementaires.
Regard vers l’avenir
La nomination de Clotilde Mutita Kalunga intervient à un moment charnière pour la démocratie parlementaire en RDC. Sa réussite ou non dans ce rôle pourrait devenir un baromètre de la vitalité de l’opposition et de la capacité des institutions congolaises à fonctionner dans un esprit de responsabilité et d’équilibre.
Les observateurs politiques surveilleront avec attention :
- sa capacité à concilier loyauté partisane et indépendance institutionnelle ;
- son influence sur l’accélération des travaux parlementaires et la qualité de la législation ;
- la manière dont elle gèrera les attentes populaires de transparence et d’efficacité dans l’action parlementaire.
