Si les arbitres africains ont globalement répondu aux attentes sur le terrain lors de la Coupe du monde 2026, leur faible présence dans les rencontres décisives laisse un goût d’inachevé. Pour le journaliste sportif Joseph Kaongo, les performances des officiels du continent méritaient une meilleure reconnaissance de la part de la FIFA.
La Coupe du monde 2026 s’est achevée avec un constat qui continue d’alimenter les débats au sein du football africain. Malgré des prestations jugées globalement satisfaisantes, aucun arbitre africain n’a été désigné pour diriger un match au-delà des seizièmes de finale. Une situation que le journaliste sportif Joseph Kahongo estime difficile à comprendre au regard des performances réalisées par les représentants du continent.
« Sur l’ensemble de leurs prestations durant cette Coupe du monde, les arbitres africains ont été, à mon sens, à la hauteur, que ce soit au sifflet, à la VAR ou parmi les arbitres assistants. Leurs performances ont été globalement satisfaisantes », affirme-t-il.
Pour Joseph Kahongo, les critiques formulées contre certains arbitres ne suffisent pas à remettre en cause le niveau général de l’arbitrage africain durant cette compétition. Selon lui, les officiels africains ont démontré qu’ils étaient capables d’évoluer au plus haut niveau mondial, dans un tournoi où la pression était particulièrement forte.
Une confiance limitée malgré des prestations convaincantes
Le journaliste estime toutefois que les organisateurs de la compétition n’ont pas accordé aux arbitres africains toute la confiance qu’ils méritaient.
« Pourtant, les pays hôtes, en particulier les États-Unis, n’ont pas été tendres avec les officiels africains », observe-t-il.
À ses yeux, cette perception explique en partie pourquoi aucun arbitre central africain n’a été retenu pour officier dans les grandes affiches à partir des huitièmes de finale, alors même que plusieurs d’entre eux avaient réalisé des prestations jugées satisfaisantes durant la phase de groupes.
Au départ, la FIFA avait retenu 19 officiels africains, répartis entre sept arbitres centraux, dix arbitres assistants et deux arbitres VAR. Finalement, seuls cinq arbitres centraux ont effectivement dirigé des rencontres, pour un total de dix matchs.
Le cas Omar Artan, une décision qui continue d’interroger
Parmi les épisodes qui ont marqué la participation africaine, Joseph Kaongo revient sur la situation de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan.
Retenu par la FIFA pour participer au Mondial, ce dernier n’a finalement jamais pu entrer en fonction après avoir été refoulé à son arrivée aux États-Unis en raison de soupçons portant sur de prétendus liens avec des organisations terroristes.
Pour le journaliste, cette décision demeure difficile à comprendre.
« Quelques semaines plus tard, l’UEFA lui a confié la direction de la Super Coupe d’Europe, preuve qu’il bénéficiait toujours de la confiance des plus hautes instances de l’arbitrage européen », souligne-t-il.
Selon lui, cette désignation démontre que les qualités de l’arbitre somalien n’étaient pas remises en cause sur le plan sportif.
Jean-Jacques Ndala, une absence qui interpelle
Joseph Kahongo évoque également l’absence du Congolais Jean-Jacques Ndala, considéré depuis plusieurs années comme l’un des meilleurs arbitres du continent.
Pour lui, son éviction de la liste finale des arbitres retenus par la FIFA constitue un autre sujet de réflexion.
« Le cas de Jean-Jacques Ndala est tout simplement regrettable. Bien qu’il ait bénéficié du soutien de la CAF, il n’a finalement pas été retenu par la FIFA. Il semble avoir payé très cher la gestion très controversée de la finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc », analyse-t-il.
Selon Joseph Kaongo, cette décision montre que certaines prestations peuvent avoir des conséquences durables sur la carrière internationale d’un arbitre.
Un bilan positif, mais un sentiment d’échec
Malgré les performances jugées satisfaisantes de plusieurs arbitres africains, le journaliste estime que le bilan du continent reste incomplet.
« Au final, seulement cinq arbitres centraux africains ont dirigé des matchs de cette Coupe du monde et aucun n’a officié à partir des huitièmes de finale. C’est quand même un petit échec pour l’arbitrage africain, qui doit encore s’améliorer », affirme-t-il.
À ses yeux, ce constat ne remet pas en cause les compétences des arbitres africains, mais souligne la nécessité pour le continent de poursuivre les efforts en matière de formation, de préparation et d’accompagnement de ses officiels.
La CAF appelée à mieux défendre ses représentants
Au-delà des performances individuelles, Joseph Kahongo estime que cette Coupe du monde relance un débat ancien sur la place de l’Afrique dans les instances du football mondial.
« Cette situation relance un débat récurrent : celui de la capacité de la CAF à défendre ses représentants, qu’il s’agisse des équipes nationales ou des officiels. Nous estimons que la CAF doit davantage faire entendre sa voix face aux décisions de la FIFA », conclut-il.
Si les analyses de la presse spécialisée s’accordent à reconnaître que les arbitres africains ont, dans l’ensemble, livré des prestations honorables, la faible confiance qui leur a été accordée dans les rencontres les plus prestigieuses nourrit encore de nombreuses interrogations.
Le Mondial 2026 laisse ainsi une impression contrastée : celle d’un arbitrage africain techniquement crédible et en progression, mais qui peine encore à obtenir la pleine reconnaissance des plus hautes instances du football international.

